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Design thinking exemple : un cas concret pour repenser un service dans l’économie circulaire

Design thinking exemple : un cas concret pour repenser un service dans l’économie circulaire

Design thinking exemple : un cas concret pour repenser un service dans l’économie circulaire

Dans l’économie circulaire, tout le monde parle d’« expérience utilisateur » et de « nouveaux modèles de service ». Mais quand il s’agit de passer de l’intention à un service vraiment utilisé, les frictions opérationnelles remontent vite à la surface : collecte compliquée, manque de traçabilité, clients perdus dans le parcours, équipes débordées.

C’est là que le design thinking devient utile, à condition de le traiter comme un outil opérationnel, pas comme un atelier post-it décoratif.

Dans cet article, je vous propose un cas concret : comment une PME industrielle a utilisé le design thinking pour repenser un service circulaire de réemploi de contenants, et en faire un levier de business plutôt qu’un simple projet RSE.

Design thinking : un rappel orienté business

Le design thinking, ce n’est pas « être créatif ». C’est une méthode structurée pour réduire le risque d’un nouveau service en :

Les grandes étapes sont connues :

Voyons comment ce cadre s’applique à un service circulaire concret.

Le contexte : un service de réemploi qui ne décolle pas

L’entreprise que j’ai accompagnée, que nous appellerons « ReBox Industrie », fabrique des contenants réutilisables pour l’agroalimentaire B2B (bacs, caisses, palettes spécifiques). Elle propose à ses clients :

Sur le papier, c’est un cas d’école de l’économie circulaire :

Problème : après un an, le taux d’adoption stagne.

Le réflexe classique aurait été : « il nous faut plus de pédagogie et un meilleur argumentaire commercial ». ReBox a choisi une autre voie : appliquer le design thinking pour repenser le service de bout en bout.

Étape 1 : Empathie – aller voir ce qui se passe vraiment sur le terrain

Plutôt que de commencer par un nouveau processus « théorique », l’équipe projet (direction service, logistique, commercial, un designer de service externe) est allée observer et écouter.

Dispositif simple, en trois semaines :

En ressortant, la vision du problème avait déjà changé. Quelques constats clés :

Autrement dit, le problème n’était pas « comment mieux vendre le service », mais « comment rendre le service lisible, prévisible et simple à utiliser pour tous les acteurs ».

Étape 2 : Définition – formuler le bon problème à résoudre

À partir de ces observations, l’équipe a reformulé le challenge en une phrase opérationnelle :

« Comment pourrions-nous rendre la gestion des bacs réutilisables aussi simple et prévisible que l’utilisation d’emballages jetables, tout en rendant les bénéfices économiques visibles pour le client ? »

Cette formulation a servi de filtre. Une bonne idée devait :

L’équipe a également cartographié le parcours complet du « bac » et des acteurs associés, du départ de chez ReBox jusqu’à son retour (ou sa perte). Cette cartographie très visuelle a permis d’identifier :

Sans cette phase, l’équipe serait probablement restée sur des solutions de type « nouvelle brochure » ou « module e-learning » pour les commerciaux.

Étape 3 : Idéation – générer des solutions centrées usage (et pas features)

L’atelier d’idéation n’a pas commencé avec « quelles fonctionnalités ajouter ? », mais avec des scénarios d’usage à simplifier. Trois axes ont été explorés :

Parmi les idées mises sur la table :

Important : les idées ont été filtrées non seulement sur leur attrait pour l’utilisateur, mais aussi sur :

Résultat : un « bundle de service » resserré autour de quelques leviers concrets, plutôt qu’une usine à gaz digitale.

Étape 4 : Prototypage – matérialiser rapidement les nouvelles briques de service

Plutôt que de développer une solution complète, ReBox a fabriqué des prototypes « moches mais fonctionnels » :

L’objectif n’était pas de gagner un prix de design, mais de répondre à des questions précises :

Ces prototypes ont volontairement été déployés sur un nombre restreint de clients (3 sites pilotes) pour réduire le risque et accélérer les boucles d’apprentissage.

Étape 5 : Test – mesurer l’impact sur les irritants et sur le business

Sur 8 semaines de test, ReBox a suivi quelques indicateurs simples, mais parlants :

Les résultats du pilote :

Les retours qualitatifs étaient tout aussi instructifs :

Ces éléments ont permis à ReBox de :

Ce que ce cas montre sur le design thinking en économie circulaire

Au-delà de l’exemple, quelques enseignements utiles pour toute entreprise qui veut lancer ou améliorer un service circulaire :

Le design thinking n’est pas une baguette magique, mais un cadre disciplinaire pour :

Comment appliquer cette approche à votre propre service circulaire

Si vous pilotez un projet de service en économie circulaire (réemploi, réparation, partage d’actifs, etc.), vous pouvez reprendre une démarche similaire, en mode « minimal viable process » :

Un point important : ne déléguez pas entièrement cette démarche à un cabinet externe ou à une équipe innovation isolée. Les métiers opérationnels doivent être dans la boucle dès le début, sinon le service risque de rester un « démonstrateur » jamais vraiment embarqué dans le quotidien.

Check-list pratique pour votre prochain atelier design thinking

Pour terminer, une check-list que vous pouvez littéralement imprimer avant votre prochain atelier autour d’un service circulaire :

Dans l’économie circulaire, la bataille ne se joue pas uniquement sur la vertu du modèle, mais sur la fluidité des usages. Le design thinking, appliqué sérieusement, permet de transformer une bonne intention en service qui tourne vraiment – pour les utilisateurs, pour les équipes internes… et pour le compte de résultat.

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